La Lune Sanglante

La Lune Sanglante était une secte humaine qui vénérait Mortemps, un dieu qui leur est spécifique, et ne cessait d’annoncer la fin du monde. Leur dévotion à Mortemps et leur croyance en cette fin allait jusqu’au point où ils faisaient tout pour la provoquer eux-mêmes.

La Lune Sanglante a ainsi, au fil des années, apposé son symbole sur bien des villages détruits et autres actes de terrorisme, convertissant de force leurs prisonniers au culte de Mortemps, dieu vengeur qui, selon la secte, devait venir détruire la Lune en la transperçant avec sa lance pour provoquer la fin du monde en perturbant l’équilibre cosmique. Ce symbole de la Lune transpercée était d’ailleurs utilisé par la secte pour marquer ceux contre qui elle entretenait une haine personnelle, ou motivée par un quelconque employeur… Tant qu’il y avait moyen de faire des victimes, la Lune Sanglante était prête à accepter le contrat sans poser la moindre question.

Aucun roi ne fut jamais en mesure de régler le problème jusqu’au règne de Rhaewan II le Cruel, qui justifia son surnom par diverses mesures au cours de sa vie, dont celle concernant la Lune Sanglante : tout membre de la secte, aisément reconnaissable par le tatouage de lune sanglante qu’il portait, était exécuté dans les minutes suivant son arrestation, sans autre forme de procès.
Une mesure qui scandalisa bon nombre de penseurs et philosophes attachés à la justice et une certaine conception du sacré dans la vie, mais Rhaewan n’en avait cure. Les ignorer était d’autant plus facile que la majorité de la population approuvait l’idée devant son efficacité. Il ne fallut en effet pas plus de trois mois pour venir à bout de tous les membres de la Lune Sanglante.

Aujourd’hui encore, on se demande toutefois si certains innocents, soupçonnés d’accointances avec la secte ou portant un tatouage vaguement ressemblant au leur, n’auraient pas été exécutés dans ce qui était clairement une purge menée sans réflexion. De même, les historiens se demandent encore si certains membres n’auraient pas réussi à échapper au massacre.